SONIA, LA GLOBETROTTEUSE LA PLUS COURAGEUSE

SONIA, LA GLOBETROTTEUSE LA PLUS COURAGEUSE

31 January 2019 0 By Sarahchallengetavie
Sonia à Rome

Aujourd’hui j’ai décidé de vous raconter le parcours incroyable de mon amie Sonia! J’ai eu la chance de la rencontrer en Master, à l’Université des Affaires Internationales du Havre et depuis, même si les km nous séparent aujourd’hui, nous nous quittons plus !

Sonia a quitté le cocon familial très tôt. À 18 ans , elle décide de quitter l’Italie pour vivre son rêve américain : travailler dans la criminologie. Mature, elle avait déjà anticipée depuis ses 15 ans, âge auquel elle a commencé à travailler dans un salon de coiffure afin de se constituer des économies. En effet, le système scolaire italien n’est pas tout à fait similaire au français, ce qui lui a permis de travailler tôt plus facilement : 3 ans de collège et 5 ans de lycée avec des cours uniquement jusqu’à 13h20 , ce qui lui laissait les après-midis de libre.

Aujourd’hui Sonia vit en France, n’ayant pas délaissé son goût pour le voyage et la découverte du monde, bien au contraire ! Elle nous parle de son parcours de vie incroyable dans cette interview .

Soninha, peux-tu te présenter aux challengeurs?

Buongiorno, moi c’est Sonia, 26 ans, je viens d’Italie, d’une charmante ville dans la région de la vallée d’Aoste. Après mon Bac, je suis partie aux Etats Unis dans le Connecticut dans la ville de Fairfield pour entreprendre des études de criminologie. Ce projet était dans ma tête depuis un petit moment déjà, c’est pourquoi je pensais déjà le budget depuis des années. Pour les démarches administratives et pratiques, j’ai eu la chance d’être accompagnée par mon lycée. En gros, il m’a fallu un visa étudiant, une assurance santé et le contact du Campus pour la question de l’hébergement (Sacred Heart University). Le temps de tout mettre en place, il faut s’y prendre 8/9 mois à l’avance. Ce premier voyage a vraiment été impressionant pour moi, je me rappelle encore de mon arrivée au milieu de tous ces grattes-ciel. Mon voyage en train également au départ de la “Central Station” à ma ville d’accueil avec une vue superbe sur le pont de Manhattan . Le rêve américain n’est pas un cliché, on sent réellement que tout est possible dans ce pays. C’est comme s’il n’y avait aucune limite, aucun impossible, mais après la grandiosité américaine, je ressentais le besoin de voir autre chose avant de m’établir. Je suis alors partie en France à mon retour sans parler un mot de français. C’était un vrai challenge, effrayant mais motivant à la fois!

Pourquoi la France?

Tout le monde me poussait à partir en Allemagne car il s’agissait de ma deuxième langue à l’époque puis finalement non car lors d’un échange à Francfort au cours de ma troisième année de lycée, je me suis rendue compte que ce n’était pas pour moi. Mentalité un peu trop froide et carrée à mon goût (rires). J’ai finalement opté pour la France car j’avais un certain goût pour cette langue . Cette culture de la mode également. J’ai choisi la ville du Havre car réputée pour être portée sur l’International avec son port. L’idée était de travailler dans le secteur de la mode à l’échelle internationale.

L’adaptation à la vie française a été facile?

Pas du tout (rires) . Autant je me fondais dans la masse aux Etats-Unis , autant en France j’étais tout de suite cataloguée. On me voyait comme une étrangère, d’autant plus avec mon accent italien. Les regards étaient vraiment désagréables mais je ne me suis pas laissée démontée au contraire. La complication a aussi été de devoir repasser un bac, mon diplôme italien n’étant pas reconnu. Je me suis donc inscrite en candidat libre au bac L. La littérature étant un domaine que l’on étudie en profondeur en Italie, et les langues représentant une grande place dans ma vie, je me sentais plus à l’aise à l’idée de choisir celui-ci. En parallèle j’ai dû commencer à travailler en dépit de la langue pour pouvoir payer toutes mes charges, c’est alors que j’ai travaillé au bar pour un restaurant essentiellement en anglais, puis par la suite je me suis poussée à travailler chez Orange dans la télephonie pour être directement confrontée à la clientèle et me forcer à parler français au quotidien.

Au bout de combien de temps as-tu commencé à maîtriser la langue ?

Plus ou moins au bout d’un an et demi. J’ai réussi à obtenir mon bac avec 10.79 de moyenne. Et j’ai donc enchaîné sur un double Bachelor : un en langues et littératures étrangères et le deuxième en commerce et management international.

Ce double Bachelor me permettait d’aller explorer de nouveaux horizons, ce que je n’ai pas hésité une seconde à faire après cette rude “épreuve d’intégration française” .

Etant partie très jeune aux Etats-Unis et avec un peu de nostalgie, j’ai voulu repartir vivre une expérience dans ce vaste pays avec cette fois-ci des objectifs, une vision et un état d’esprit différents. Je suis donc partie en échange réaliser mon année de licence à l’âge de 23 ans en Floride à St Petersburg (Eckerd college). Je peux vous dire que le paysage était tout autre que le Connecticut. Un campus à couper le souffle, avec une nature omniprésente, une météo irréprochable , un rythme de vie “healthy” et “peaceful”. Le pied quoi ! Je me suis vraiment découverte un goût pour la nature là-bas !

Quand je vous disais que je n’ai pas hésité à saisir toutes les opportunités pour partir via mon double Bachelor je n’éxagérais pas puisqu’à mon retour de Floride, je partais pour 6 mois en Ecosse. Ce pays ne faisait pas partie de mon TOP 3 mais le sort en avait décidé ainsi (il s’agissait de mon dixième voeu d’Université) et je n’étais pas si malheureuse à l’idée! Clairement entre l’expérience en Floride et celle en Ecosse, on parle du jour et de la nuit, mais chacun avait son point fort. Eckerd pour son environnement idyllique et l’université d’Aberdeen pour ses personnes chaleureuses e bienveillantes.

Après ton Bachelor et ces nombreuses mésaventures, tu as donc eu la merveilleuse idée d’intégrer le Master en Management International , focus Amérique latine pour me rencontrer n’est-ce pas? (Rires) As-tu de nouveau profité de ce cursus pour repartir sur les routes ou en avais-tu assez cette fois?

(Rires) Non sans surprise, je ne me suis pas arrêtée là non ! C’est réellement un virus , lorsque l’on commence on ne peut plus s’arrêter. La région de l’Amérique Latine m’étant encore inconnue , je suis partie pour un stage de 6.5 mois à Lima lors de ma première année de Master . Ce fût une révelation pour moi . Aujourd’hui je peux dire que mon coup de coeur est et restera l’Amérique latine. Les paysages , la nature y est splendide. J’ai vécu mes premiers treks là-bas, le Pérou du Nord au Sud jusqu’à la frontière bolivienne ; c’était une renaissance pour moi. Je ne m’étais jamais autant dépassée, autant passée de superflu, autant sentie connectée aux choses simples. Ce voyage m’a profondément transformé au point de vouloir y rester. Puis finalement, je me suis dit qu’il valait mieux revenir finaliser mon Master avant quoi que ce soit.

Quelles ont été les démarches pour le Perou ?

Après des recherches, j’ai finalement trouvé la proposition de stage sur l’etudiant.fr. Je n’ai pas eu besoin de demander de visa car stage de 6 mois uniquement. Le stage n’était évidemment pas rémunéré mais j’ai négocié avec l’entreprise pour qu’ils me payent au moins le billet d’avion. Il ne faut vraiment pas avoir peur de négocier avec eux, que ce soit le billet ou l’hébergement qui sont les dépenses les plus importantes finalement.

Le choc culturel est important ?

Ayant déjà voyagé dans des pays d’Afrique ou Moyen Orient, le choc n’était pas si important pour moi au Pérou. Mais il est clair que pour quelqu’un qui n’a voyagé qu’en Europe, une différence peut se faire ressentir. Les gens vivent simplement au Pérou même quand ils ont de l’argent.C’est vraiment ça que j’ai apprécié, revenir aux valeurs de base au delà de cette globalisation toujours dans le matérialisme et la démonstration.

Qu’en est-il du coût de la vie et du marché du travail?

600€ est le salaire moyen au Pérou. Sachant que la location d’une maison coûte 250€ maxi/mois . Pour la nourriture, les sorties etc cela dépend de comment nous vivons. Sachant que si nous souhaitons vivre comme un “local aisé”, le coût sera sensiblement le même qu’en Europe. Si nous vivons au contraire plus simplement, le coût de la vie sera 3 à 4 fois moins cher qu’en Europe. Lima étant la capitale, la vie dans cette ville est évidemment plus chère que dans les alentours. Le marché du travail offre des possibilités infinies comme toute capitale qui se respecte. On trouvera davantage de grandes entreprises à Lima, et de petits négoces en provinces.

Qu’en est-il de la météo? Quelle est la meilleure époque pour partir?

À n’importe quelle période sachant que les saisons sont inversées (été au Perou = novembre à mars ; hiver au Perou = avril à septembre). Chaque région possède sa propre météo tellement le pays est immense. On passe du desert à la jungle , de la montagne à l’océan en un claquement de doigts (quelques bonnes heures de bus quand même (rires)) c’est magique!

Pour ton stage de deuxième et dernière année d’études tu es partie à Londres si je me souviens bien n’est-ce pas?

En effet oui . Par amour je suis cette fois-ci restée en Europe et ai fait appel à un organisme de placement : myinternshipabroad .

J’ai fait appel à cet organisme car le coût de la vie à Londres est délirant donc je voulais m’assurer d’avoir une rentrée d’argent pour au moins pouvoir payer mon loyer de 1000€ pour un 12m2. Je souhaitais également travailler pour une grande enseigne afin “d’enjoliver” mon CV à la veille d’entrer sur le marché du travail.

Cependant, ce que je peux vous dire sans vouloir dénigrer, c’est que ces organismes de placement sont une pure industrie. Je regrette le manque de considération et dimension humaine pour le prix qu’ils nous font payer. Les offres de stage/job restent toujours très floues dans la description pour y camoufler toutes sortes de tâches. Et puis ils disent aider si jamais le stage/job venait à ne pas correspondre à nos attentes mais ne rêvez pas, ils s’en foutent. Une fois que vous êtes placé leur mission est terminée. Je me suis retrouvée à démissioner du poste en question pour exploitation , et me débrouiller afin de retrouver quelque chose au plus vite et à peu près décent afin de valider mon année.

Dans cette galère je peux vous dire que les jobs ne manquent pas à Londres, il y a beaucoup de choses à faire , et la ville est ultra cosmopolite. Ils recherchent réguliérement des personnes parlant français , j’ai donc retrouvé un poste assez rapidement et mieux que ce dans quoi l’organisme m’avait enfermé!Si j’avais su ! Mais avec des “si” on refait le monde !

Bref tout s’est finalement bien goupillé, avec une bonne expérience de vie et la découverte d’une nouvelle passion : le sport .

Enfin , Londres est certes une ville trés chère en termes de logement, mais pour le reste , je vous encourage à parcourir les rues pour découvrir des marchés , magasins à 1€ et toutes autres boutiques “cheap” car c’est pas ça qui manque . Il faut juste prendre son courage à 2 mains et ne pas avoir peur d’aller vagabonder pour faire de nouvelles découvertes! Je m’en sortais personnellement pour un budget de 300€ hors logement (sans parler de budget sorties pour les fêtards car c’est évidemment sur ce plan très cher également).

Quels sont tes projets? Rester en France?

Non. Je suis actuellement embauchée par une boite havraise en tant que “Care Business Partner” et je prépare en parallèle un concours en plus d’un doctorat pour devenir professeur en université.

Le Doctorat n’est autre qu’une passion et j’ai dû me battre pour l’effectuer dans un domaine qui est tout autre que ce que j’ai suivi jusqu’ici : LE MARKETING DE LA MEDECINE ALIMENTAIRE. En effet il fallait tout un bagage medical mais c’est un domaine qui me passionne et m’interroge .


Apprendre continuellement est un besoin vital pour moi, l’idée est donc toujours de combiner “formation” et “obligation” (suivre une formation/un enseignement tout en travaillant).
Mon but à long terme est de devenir professeur en université étrangère.
Pour être professeur des collèges, lycées ou universités en France, le concours de l’Agregation ou du Capes est quasi inévitable, c’est pourquoi je travaille actuellement sur la préparation du Capes afin de pouvoir enseigner l’Italien dés l’année prochaine.

Vous allez donc me dire : mais quel est le rapport entre ton sujet de doctorat et l’italien? Je vous répondrai que nous vivons actuellement dans un monde où la polyvalence est une réelle valeur ajoutée.

Si je réside dans une ville où le marketing de la médecine alimentaire n’est pas très développé , j’aurai toujours la possibilité d’enseigner l’italien, le français ou encore l’anglais, langues recherchées dans le monde entier.

Si j’obtiens mon concours en juillet 2019, je pourrais me confronter au métier avant même de terminer mon doctorat et enseigner dans les universités uniquement. Ce sera une sorte de formation pour être d’autant plus performante en université (rires) !

L’idée serait de partir enseigner 1 an en Colombie , 1 ou 2 ans au Costa Rica, puis 2 ans en Nouvelle Calédonie avant de revenir m’installer en Italie dans ma région natale.

J’ai besoin de vivre encore ce que j’ai à vivre avant de revenir me poser dans mon pays de coeur (rires) !

Projet super et bien précis! (rires) Pour finir, un conseil pour ceux/celles qui hésitent encore à partir ?

N’ayez pas peur . Avec tous les réseaux et la technologie d’aujourd’hui vous ne serez jamais seul(e). C’est des émotions uniques. Peu importe dans quelle situation vous vous trouvez, partir vous apportera toujours de la nouveauté et du réconfort. On ne se sent jamais aussi vivant que loin de chez soi. Ne vous limitez pas surtout, vivez vos plus grands rêves avant qu’il ne soit trop tard !

PS:

En dehors de ses expériences à travers le cursus scolaire, Sonia est partie en séjours en Inde, Norvège, Japon, Costa Rica, Mexique , Maroc, Grèce, Espagne, Egypte, Autriche, Pays-bas, Luxembourg, Equateur, Cuba et Nicaragua.

Elle part d’ici quelques jours pour un backpacking en Jordanie.

À ce propos, Sonia a déjà possédé une petite activité d’organisation de voyages en backpacking il y a quelques années. Malheureusement elle a dû la laisser en suspens pour le moment avec ses nombreux autres projets. En attendant, vous pouvez aller jeter un oeil à son compte instagram soniabl2