LA VIE AU CHILI SELON MARILYS

LA VIE AU CHILI SELON MARILYS

24 April 2019 0 By Sarahchallengetavie

Aujourd’hui j’ai décidé de vous raconter l’expérience de vie de mon amie Marilys! J’ai eu la chance de la rencontrer en Master, à l’Université des Affaires Internationales du Havre tout comme Sonia et depuis, même si les km nous séparent, nous sommes toujours en contact ! D’ailleurs je suis passée lui faire un coucou il y a quelques semaines !

Aujourd’hui Marilys vit au Chili et elle nous parle de cette expérience incroyable dans cette interview.


Marilys, peux-tu te présenter aux challengeurs?


Je m’appelle Marilys, j’ai 25 ans, je suis bélier ascendant poisson (Je promets que ça a son utilité pour vivre à l’étranger ! Ahah ). Je viens d’Auvergne et je vis au Chili à Santiago depuis mars 2018.


Pourquoi es-tu partie au Chili ? Et pourquoi as-tu choisi Santiago ?


J’ai “une fixette” sur le Chili depuis mes 14 ans. Je suis partie dans ce pays 2 fois pour faire des stages de fin d’études, à Santiago et à Valparaíso. J’y suis retournée l’année dernière après mes études car je voulais commencer à travailler à l’étranger et Santiago était pour moi la ville la plus propice pour trouver du travail dans ma branche. Bon et puis pour être honnête, j’avais un ami chilien qui vit dans cette ville, donc c’était d’une certaine manière rassurant.

L’escalier piano de Valparaiso


Est-ce qu’il y avait des préparatifs particuliers à faire?


Oui, je devais faire un visa en France (plus rapide et simple que de le faire au Chili). J’en ai profité pour faire tout ce que je voulais faire du genre visites médicales, voir ma famille, acheter les produits nécessaires et que j’aime qui n’existent pas là bas. Et surtout : manger beaucoup de pain et de fromage! Ça me manque terriblement! (rires)


As-tu vécu un choc culturel important ? Des difficultés d’adaptation dans ta nouvelle vie ?


Pour le choc culturel, je savais déjà à quoi je m’attendais vu que j’étais déjà partie deux fois. Mais cette fois-ci le contexte était différent. Fini le mode stage et voyage à gogo car marché du travail. Certes j’ai vécu un choc culturel la toute première fois et j’ai encore pas mal de difficultés d’adaptation aujourd’hui notamment au niveau de l’éducation des chiliens, les démarches administratives , et autres détails d’organisation/fonctionnement du pays qui me semblent personnellement illogiques. Ce qui me choque aussi ce sont leurs habitudes alimentaires. Ils mangent très mal, tout le temps en grande quantité et très sucré-salé-gras. Par exemple, je vois régulièrement des personnes boire du coca à 8h du matin! (rires)


Qu’est-ce qui te plait le plus dans ta nouvelle vie ? A l’inverse, qu’est-ce que tu n’apprécies pas trop ?


Ce que j’aime :

Ce que j’aime le plus par dessus tout est la nature. Ce pays est génial pour les amoureux de nature et aventure. Les paysages sont grandioses. J’ai eu la chance d’avoir visité pas mal de zones du pays, et à chaque fois j’en ai pris pleins les yeux! Ce qui est génial aussi c’est la proximité avec les autres pays d’Amérique latine, donc pratique pour découvrir le continent ! Je me rends également réguièrement dans des petits villages afin de vivre la culture, les traditions,  j’observe comment les gens vivent et c’est super enrichissant. Saniago n’est pas très représentatif du point de vue culturel!


Ce que je n’aime pas :

Pleins de choses (rires). Par moment j’ai cette forte impression que le Chili est une pure copie latina des Etats-Unis. Les gens sont très matérialistes, superficiels, individualistes et machistes.  Ils jugent la personne en fonction de son nom de famille, des écoles qu’ils ont fréquenté etc. Pour les étrangers, le jugement est davantage fondé sur le physique. Ils fonctionnent vraiment par classe. C’est surtout le cas à Santiago, en campagne ils sont plus bienveillants et chaleureux. Ce que je ne supporte vraiment pas par dessus tout c’est leur hypocrisie. J’ai eu beaucoup de mal au début mais désormais j’ai compris et vis avec ! (rires)

La montagne aux 7 couleurs, Perou


Alors, tu préfères vivre à Santiago ou notre cher pays ? Penses tu rester encore longtemps ?


C’est clair que mon pays me manque, dire le contraire serait mentir. Il y a des jours où ce n’est pas facile mais je sais que si je revenais en France, je ne me sentirais pas forcément mieux. J’ai toujours voulu travailler à l’étranger après mes études et le travail que je fais actuellement me plaít beaucoup. Il me reste encore beaucoup à découvrir. Je me vois bien rester encore quelques années. Mais difficile de se projeter pour la vie.


Comment est le marché du travail là-bas ?


Il est forcément mieux qu’en France ! (rires). Sur Santiago cela reste l’option la plus facile pour trouver. Tout dépend de ce que l’on recherche, mais avec un Master, il est plus facile qu’en France d’obtenir un poste. D’ailleurs, être français sur le marché du travail chilien est un plus. Ça fait un peu cliché mais c’est cette image de l’européen blanc intelligent qui fait fureur! (rires)


Et le coût de la vie à Santiago est-il très important ?

La vie est très chère au Chili. Les prix sont environ les mêmes qu’en France hors capitale, voire plus chers à Santiago, avec des salaires de misère . Le SMIC ici est d’environ 300€. Comme bon pays capitaliste, tout est payant et tout est fait pour acheter, la plupart des gens cumulent deux boulots et vivent à crédit.


Concrètement, combien faut-il gagner pour avoir un bon confort de vie à Santiago?


Sincèrement, tout dépend du quartier oú tu vis. Mais clairement avec le SMIC c’est impossible. Et pour nous européens, il faut forcément revoir ses prétentions salariales.

Embalse el Yeso


En termes de climat ?


Le climat sur Santiago est frais , vu qu’on est juste à côté de la Cordillère des Andes. Pas trop de vent, facilement ensoleillé et un hiver doux si on compare avec l’hiver francais. Le seul hic est la pollution qui se voit à l’oeil nu tout le temps c’est effrayant! En dehors de la capitale, plus on va dans le Sud, plus il fait froid et inversement pour le Nord.


Et les chiliens sont comment ?


A long terme, je me rends compte que j’ai été assez déçue par les chiliens de manière générale. Comme je le disais précédemment, ils sont très hypocrites, c’est difficile de savoir ce qu’ils pensent vraiment, très “argent et bling bling”. Je pense qu’en tant que français, on pourrait facilement les qualifier de cons et culotés excusez-moi des termes, mais leur éducation est très mauvaise et en plus de ça, ils font preuve d’un je-m’en-foutisme à la latino; non ce n’est pas un cliché ! (rires) . J’ai surtout été déçue par les femmes, elles sont toujours en compétition, et encore plus avec les étrangères. Pour l’instant je n’ai aucune VRAIE amie chilienne et pourtant tu connais ma dose de sociabilité ! (rires) . Je pense qu’il est facile de rencontrer des gens dans le cadre de soirées etc mais ça s’arrête là malheureusement.
Hormis ces aspects négatifs, les mentalités changent petit à petit. Les générations plus jeunes tendent à être plus ouvertes d’esprit et évidemment, en tant qu’étudiant, il sera plus simple de rencontrer du monde. Quand on travaille, logiquement c’est plus compliqué par manque de temps.
Pour finir sur une note positive, les chiliens sont quand même curieux vis à vis des étrangers et en particulier des européens. Ils font pas mal d’efforts pour nous intégrer et donner une belle image de leur pays.
De manière générale, je trouve que le chilien pourrait bien s’entendre avec un français car ils ont sensiblement le même sens de l’humour . Ce sont aussi des fêtards et de bons vivants, toujours prêts à faire la fête!


Quelle anecdote t’a le plus marquée pendant ton séjour à Santiago?


Depuis que je suis ici, j’en ai tous les jours (rires). J’ai des anecdotes en tout genre, et toutes m’ont marquées donc difficile à dire. Mon ancienne maître de stage me disait que vivre au Chili t’apprend à relativiser, je ne peux que confirmer! (rires)

Nous, sur la route de Cajón del Maipo, un fabuleux canyon à 2h de Santiago


Dernier mot, conseil, encouragement pour un voyage en Chili ?


J’espère que mes réponses n’ont pas trop fait peur aux gens! (rires)

Attention, j’aime malgré tout vivre ici sinon je ne serais pas là ! (rires) Il faut juste apprendre à vivre avec les côtés négatifs comme dans tout pays! On en a aussi en France c’est juste qu’on les voit moins ou on arrive plus facilement à vivre avec car on y est depuis tout petit. La vie à Santiago est pas mal mais chère. Et ceux qui n’aiment pas la ville peuvent aussi opter pour une vie un peu plus simple mais plus sympa en dehors de la capitale . Il y a aussi une communauté française très présente sur Santiago. Ils font pas mal d’évènements, sorties durant l’année. Mais dans tous les cas, ne pas se prendre la tête a vouloir s’intégrer à tout prix avec les chiliens, car il faut du temps et de la persévérance (rires).

Niveau préparatifs, si c’est pour du long terme, bien prévoir avant de partir niveau santé (assurance/assistance). Il en est de même pour le visa. Si ça peut se faire en France c’est mieux. Depuis août dernier le gouvernement a pris des mesures concernant les conditions d’obtention de visa. On ne peut plus avoir de visa temporaire ou de travail en étant en visa touriste sur le territoire. C’est plus que préférable de venir dans le pays en ayant déjà un bon niveau de langue car les chiliens ne parlent pas tellement anglais et ont un sacré accent (rires). Ils parlent plus le “chilien” que le castellano! (rires). Je le répète, les paysages sont vraiment géniaux . Bien se préparer psychologiquement également aux tremblements de terre, c’est pas l’horreur mais ça peut faire une petite frousse quand on est pas habitué! (rires)